Le développement des fintechs constitue une révolution dans le monde du financement. Il permet d’impliquer de nouveau acteurs au-delà des circuits de financement traditionnels. L’évolution technologique et réglementaire y est pour beaucoup. Mode de financement plus agile il offre de nouvelles opportunités. Son adoption par les professionnels de l’immobilier est une illustration concrète de son utilité.

Financement et fintechs : un saut technologique

Avec la généralisation de la digitalisation, l’économie est entrée dans une nouvelle ère. Après avoir impactés la communication marketing et les échanges via l’e-commerce dans un premier temps, de nouvelles applications concrètes sont apparues touchant sans cesse plus de secteurs.
Le secteur des fintechs se décline sur de nombreux segments : « insuretch », services de paiement, legaltech, financement alternatif : la généralisation de la data permettant de nouvelles applications :

  • Création d’algorithmes intelligents et des systèmes de scoring toujours plus performants. En Chine, Ant Group filiale d’Alibaba, finance ainsi chaque année plus que l’ensemble des banques françaises. Elle fait pour cela appel à de nombreuses source de données sur les PME, leurs habitudes et historiques transactionnels, permettant de « pricer » des prêts de manière quasi instantanée et automatisée
  • Les robots advisors : ambitionnent d’offrir aux épargnants des solutions sur-mesure adaptées à leur profil. Même si l’équilibre financier de ce business model pour ces nouveaux intermédiaires n’est pas toujours atteint
  • L’hyper personnalisation des services est désormais possible : par exemple les assurances peuvent désormais proposer des contrats à l’usage, basés sur une analyse plus fine du risque et sur une consommation réelle.

La digitalisation offre ainsi un cadre plus ergonomique pour les transactions, et de nouvelles possibilités d’automatisation et de partage de l’information. Le crowdfunding permet ainsi de mettre en contact direct de nombreux emprunteurs avec de nombreux prêteurs et investisseurs en temps réel, quelles que soient l’heure et la localisation.

Des technologies émergentes telles que la blockchain pourrait de plus à l’avenir simplifier les processus de certification et permettre la mise en place de « smart-contracts» (« contrats intelligents ») via des services transactionnels plus évolués. A terme permettre également une baisse durable des « frottements » liés aux frais de transaction.

Crowdfunding : un nouvel environnement réglementaire au bénéfice du plus grand nombre

L’évolution technologique, la digitalisation massive et la collecte de data, la démocratisation des usages numériques sont cependant des éléments nécessaires, mais pas forcément suffisants pour l’émergence de tous ces nouveaux services.

Dans le domaine du financement, la technologie a permis certes l’essor du crowdfunding en mettant en contact porteurs de projets et investisseurs. Réservé dans un premier temps à des projets culturels et au « reward financing » (financement contre récompense »), le crowdfunding a évolué vers la création d’une véritable classe d’actifs en tant que mode financement alternatif au service de l’économie.

L’évolution du cadre réglementaire via la loi Macron et la loi Pacte ont permis par ailleurs de lever les derniers obstacles :

  • Mettre fin au monopole bancaire pour l’octroi de prêts ;
  • Mettre fin aux contraintes et au limites de « l’appel public à l’épargne » (c’est-à-dire l’impossibilité légale de solliciter un nombre trop important d’investisseurs hors du cadre d’un marché réglementé, tel que le marché boursier par exemple ;
  • Mettre en place des agréments (via l’AMF) pour les plateformes afin de sécuriser le marché et les épargnants ;
  • Augmenter le montant légal des collectes à 8M€.

Grâce à la conjonction de la technologie qui permet des process ergonomiques, une baisse de frais de transaction, et d’un nouveau cadre réglementaire, le crowdfunding a pu véritablement émerger. La prochaine étape sera la finalisation d’un cadre légal européen pour le financement participatif.

L’accès au plus grand nombre se fait dans des conditions optimales (absence de frais pour les investisseurs) qui permettent des transactions à partir de quelques euros seulement. Conséquence directe : la possibilité de diversifier facilement ses investissements sur un nombre important de projet. Une condition importante pour les investisseurs pour maximiser le couple risque/rendement de leurs investissements et réduire le niveau de risque.

Crowdfunding immobilier le grand gagnant ?

Si le crowdfunding a démocratisé et rendu accessible l’investissement dans des PME non-cotées (jusqu’ici réservé à un cercle restreint de « business-angels »), certains secteurs semblent avoir adopté plus massivement les autres nouveaux modes de financement.
C’est le cas du secteur des professionnels de l’immobilier via des financements en crowdlending (c’est-à-dire via des prêts). Le crowdfunding immobilier permet de prêter à des acteurs professionnels de la filière immobilière :

  • Les promoteurs constructeurs,
  • Les marchands de biens promoteurs rénovateurs,
  • Les foncières

Le crowdfunding leur permet de disposer de ressources financières pour accélérer leur développement, d’optimiser l’utilisation de leurs ressources en capital et de compléter leurs financements bancaires afin de lancer plus rapidement de nouvelles opérations.

Selon le site Hellocrowdfunding au global près d’1,5 milliards d’euros ont été financés ces dernières années en France via le crowdfunding immobilier. Avec une croissance continue chaque année. Le crowdfunding immobilier offre des rendements bruts moyens proches de 10%/an avec des taux de défaut maitrisés. Il est un moyen innovant de placer son épargne, de miser sur la thématique immobilière tout en soutenant la construction de logements.

Catégories : Finance

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